Le lundi 28 octobre 2024 devait marquer le début du procès de Gérard Depardieu au tribunal correctionnel de Paris, poursuivi pour des agressions sexuelles présumées sur le tournage du film Les Volets Verts de Jean Becker, en septembre 2021. Mais l'acteur de 75 ans n'était pas au rendez-vous. Son avocat, Me Jérémie Assous, a réclamé un renvoi de l'audience pour raisons médicales, certificat à l'appui. Le procès a finalement été reporté aux 24 et 25 mars 2025.

Dans ce contexte, BFMTV a diffusé un long format revenant sur une page méconnue de l'histoire du cinéma français : les déclarations publiques de Sophie Marceau, en 1985, concernant le comportement qu'elle jugeait « violent » de Gérard Depardieu sur le tournage de Police, réalisé par Maurice Pialat. À seulement 18 ans, la jeune actrice avait osé mettre des mots sur une ambiance de plateau qu'elle vivait comme un calvaire.

La réaction de Depardieu et Pialat ne s'était pas fait attendre. Des archives exhumées par BFMTV montrent le comédien traiter Sophie Marceau d'« abrutie » face à Michel Denisot. Plus violent encore, le réalisateur Pialat, décédé en 2003, avait déclaré sur Europe 1 : « C'est la petite conne de Marceau... Si je méritais vraiment ma réputation, je lui aurais flanqué ma main dans la gueule. » Des propos sidérants, ténus contre une adolescente qui avait simplement parlé de son vécu.

Quarante ans plus tard, Sophie Marceau demeure l'une des très rares actrices françaises à avoir élevé la voix contre Gérard Depardieu à une époque où le silence était la norme absolue dans le milieu du cinéma. Son témoignage précoce prend aujourd'hui une résonance particulière, alors que la justice s'empare enfin du dossier et que la parole des victimes se libère progressivement dans toute l'industrie audiovisuelle.

Le procès, désormais fixé au printemps 2025, s'annonce comme un moment charnière pour le cinéma français et pour la question de l'impunité dans les milieux artistiques. Sophie Marceau, elle, aura eu 40 ans d'avance sur son temps.